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  Critique Match Point

 


2 utilisateurs inconnus

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Critique Match Point

n°1307
Prodigy
§?
Posté le 06-11-2005 à 15:58:54  profilanswer
 

Hop, désormais histoire faire un peu vivre le Forum et de faire naître le dialogue vous trouverez certaines critiques du site. On commence par Match Point :
 
http://www.resetmag.com/images/Fiche/Jacquettes/1514/match.jpg
 
http://www.resetmag.com/HTML/infos.asp?InfoID=9906
 
Noblesse Oblige...
 
Assez dilletante et léger ces dernières années, le réalisateur américain préféré des français se décide à revenir au ton plus sobre et surtout plus sombre qui caractérisaient certaines de ses oeuvres de la fin des années 70 ou début des années 80. On pense à September, bien sûr, à Intérieurs, mais aussi à Crimes et Délits, qui partage d'ailleurs avec Match Point un sens prononcé et très opératique du cynisme. Si le meurtre a déjà donné à Woody Allen l'occasion de briller dans un registre comique (le pétillant Meurtre mystérieux à Manhattan) et que l'auteur n'a jamais vraiment perdu de vue, même dans ses récentes oeuvrettes, les questions existentielles qui taraudent son cinéma depuis toujours, Match Point lui donne donc l'occasion de revenir dans un mode plus grave, presque guindé, tout autant que la haute société anglaise dont il dresse un portrait aussi vachard qu'acerbe. Finies les petites phrases dont il a le secret, enterrées (temporairement, cela va sans dire) les punchlines métaphysiques et brillantes, le drame conjugal qui nous occupe mérite semble-t-il le plus grand des sérieux.
 
La trajectoire de Chris Wilton, campé avec beaucoup de classe par un Jonathan Rhys-Meyers dont le regard intense et un peu fou rappelle celui d'un Malcom McDowell jeune, est déprimante de justesse et de cruauté. Emprisonne par une condition sociale au-dessus de laquelle il veut s'élever au prix de tous les sacrifices, "dressé" - pour reprendre un terme employé par l'un des personnages - par sa famille d'adoption, pour qui il acceptera toutes les concessions même les plus extrêmes, Chris apparaît autant une victime qu'un coupable. Victime passive de son désir et de la pression sociale, coupable de s'y être laissé enfermer sans réagir et d'avoir cédé à la fragilité de la chair. Si Match Point a d'énormes qualités, notamment une mise en scène et un montage au couteau qui insufflent aux deux heures du film un rythme soutenu et haletant dont les multiples climax sont autant de balles de match, le dernier Allen paraît aussi extrêmement classique sur le fond, pour ne pas dire assez convenu. Bien sûr la noirceur du propos et la sécheresse des scènes finales (quel bonneur de retrouver James Nesbitt et Ewen Bremner dans des petits rôles) compensent une intrigue qui semble n'éviter aucun des écueils de l'histoire d'adultère.  
 
http://www.resetmag.com/images/screen/1514/01.jpg http://www.resetmag.com/images/screen/1514/02.jpg http://www.resetmag.com/images/screen/1514/03.jpg
 
Pas de rédemption arbitraire et factice ni de moralisme ampoulé, Allen va jusqu'au bout de son propos, même si celui-ci manque sans doute de fraîcheur et que le personnage central nous semble parfois, prisonnier de ces us et coutumes d'un autre âge, totalement passif et en pleine acceptation de son sort. Or si on sait Allen amateur d'une certaine théâtralité et donc tout à fait capable de nous surprendre à l'intérieur même d'une trame conventionnelle (et les arias de Verdi remplacent ici les choeurs grecs de Maudite Aphrodite), il manque à cette tromperie d'Epinal un je ne sais quoi qui élèverait le film au-delà du simple cliché. Pas assez décalé, sans ce petit regard en biais qui donnerait à cette tragédie domestique un vrai sens et une vraie portée, Match Point rate de peu le coche, malgré l'esquisse de scènes plus intéressantes sur la culpabilité, comme cette visite assez surprenante de deux "fantômes" qui permettent au personnage de mesurer le poids de son acte. On aime bien sûr tout autant le Woody Allen triste et mélancolique que celui qui nous fait rire aux éclats avec son sens inné de la dérision. Pourquoi diable ce Match Point manque-t-il autant de flamme, de passion, de recul et de cruauté jouisive ? Tout y paraît trop propre, trop mesuré, trop académique, comme un drame enfoui sous les draps de soie dont il ne faudrait pas parler à voix haute. C'est bien sûr tout le sujet du film, contenir l'indicible et vivre avec l'inacceptable, que cela soit les conséquences de ses actes ou dans un monde construit malgré soit, reste que ce match manque cruellement de piquant en dépit la présence chaude brûlante de la magnifique (et excellente) Scarlett Johansson, que l'on est décidément de plus en plus curieux de découvrir en starlette dans le Dahlia Noir de Brian DePalma, tant elle exhale, en actrice malheureuse écumant les castings, le charme et la présence d'une vedette glamour des années 50. Il serait toutefois assez injuste de ne pas mentionner également Emily Mortimer, très convaincante en petite fille gâtée de l'upper class britannique, voire plus généralement un casting tout à fait sensationnel qui permet heureusement à cette histoire on l'a dit un peu trop retenue de passer sans ennui.


Message édité par Prodigy le 06-11-2005 à 16:07:11

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Chuck Norris approved

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