J'ai enfin vu Bruiser, le dernier film en date d'un réalisateur que j'aime assez pour donner son nom à mon chien.
L'histoire débute en décrivant la vie d'Henry Creedlow, employé dans un magazine, de ses placements en bourses qui se passent mal, de son patron qui le traîte comme de la maÿrde, et de son entourage qui fait de même. Trop bon, trop con; il endure, jour après jours, en silence. Mais un jour, il se réveille, prend sa douche, essuye la buée sur la vitre, et... Il n'a plus de visage. Juste un masque blanc, lisse, qui l'a remplacé. Que peut faire un homme, pour retrouver l'identité qu'il a perdue?
L'histoire est intéressante: le fonctionnement de la société se base sur la reconnaissance. Mais si on devait perdre ce qui nous identifie aux yeux des autres, que ferions-nous? Comment prouver ce que l'on est? Et surtout, si l'on ne ressemble plus à ce que l'on est censé être, pourquoi ne pas en profiter?... C'est sans explication que le scénariste/réalisateur nous fait suivre son récit; une vague parabole sur l'identité, mais ce n'est qu'un prétexte pour raconter une histoire de vengeance. La personnalité enfouie de Creedlow, telle un Diable sorti d'une boîte trop tranquille, n'est ni grandiloquante, ni intimiste: juste un psychotique ballôt, mou du genou, tout comme l'intrigue. Ca ne décolle jamais, et on regrette que les débuts d'idées soient mis à la poubelle pour en revenir au sacro-saint consensuel... Pas de surprise, tout est prévisible, et rien ne donne vraiment envie d'aller plus avant dans le film.
Romero a vieilli, et s'il n'avait pas écrit lui-même le scénario, on aurait pû penser qu'on l'a forçé à faire le film, en lui pointant un flingue sur la tempe. Mais il s'est visiblement bien impliqué dans le projet, et c'est triste. Depuis les années 80 (La Part Des Ténébres mis à part), il faut avouer qu'il est plus un nom glorieux apposé sur une affiche, qu'un nom apposé à une affiche glorieuse.
Les acteurs... Hum, font ce qu'il peuvent. Jason Flemyng, le héros, passe sont temps derrière un masque, et c'est tant mieux; mais peut-être parce qu'il est plus souvent à l'écran que les autres, il s'en sort mieux qu'eux. Peter Stormare, le boss, à la base je suis pas fan, mais là, il est d'une platitude rare. Les autres, n'en parlons même pas.
Pas grand chose à sauver du film, donc, mis à part la beauté froide du masque, et sa grande expressivité (s'en est étonnant, puisqu'il est totallement lisse) au final.
Message édité par Gordon Shumway le 27-05-2004 à 08:59:34