Citation :
Si vous ne connaissez pas Point Blank il y a des chances en revanche que vous en ayez vu son remake : Payback, sympathique polar hard boiled dans lequel un Mel Gibson monolithique et imperturbable (et pas encore atteint par sa crise de foi) arpente les rues d’une ville imaginaire en cognant ceux et celles qui se mettent sur la voie des 70.000 dollars qui lui appartiennent et dont l’a dépossédé son ex-comparse malfaiteur, parti avec sa femme et le laissant pour mort. De l'original, le polar de Brian Helgeland n’aura finalement conservé que sa trame*, et le changement d’ambiance et d’ambition est radical. Si Payback était d’une violence gentiment complaisante et se finissait dans la relative allégresse, le Boorman est d’une toute autre couleur : violent, austère, cru. Impressionnant et imprévisible, le Walker (“walker”, le marcheur) de Lee Marvin est une machine inexorable, dont le pas déterminé résonne dans un couloir au rythme d’un montage parallèle qui s’achève sur une scène d’une brutalité incroyable, Walker vidant son chargeur dans le vide comme s’il évacuait d’un seul coup toute les frustrations sexuelles et la violence contenues en lui depuis cette nuit où son meilleur ami et sa femme ont choisi de le trahir. Lancé dans une quête futile et dérisoire pour récupérer une poignée de dollars qui lui ont été dérobé, la bombe a retardement Walker va bien sûr se montrer plus malin que l’Organisation qui tente de l’arrêter et va mettre à mal un à un les rouages de cette mafia bien pathétique.
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